‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 160 sur 340 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MADEMOISELLE D^ORFEUIL. M. D'ORLANGE, JUSTINE.

M. D'ORI.ANGE, avec un nouvel habillemen'..

Voici, mademoiselle, une heureuse disgrâce. A la nuit, au hasard, que je dois rendre grâce ! De détours en détours m'amener jusqu'ici, C'est conduire fort bien que d'égarer ainsi.

JUSTINE

Quelquefois dans la vie il faut que Ton s'égare. M. d'orlange.

Eh mais ! cet accident chez moi n'est pas très-rare : Je l'avouerai, souvent cela m'est arrivé : Presque toujours aussi je m'en suis bien trouvé.

JUSTINE

Vous le faites exprès, peut-être?

M. d'orlange.

Je m'écarte Volontiers. Je ne sais les chemins ni la carte ; Mais je marche au hasard. Si la nuit m'a surpris, De ce petit malheur moi-même je souris. Sûr de voir, tôt ou tard, de loin, une lumière : Tantôt c'est un château, tantôt une chaumière. Hier je fus reçu par un bon paysan, A qui, par parenthèse, avant qu'il soit un an, Je prétends bien causer une douce surprise. Ici je trouve encor, avec même franchise, Plus de goût, plus de grâce, et j'admire, d'honneur!...

mademoiselle d'orfeuil.

Vous aimez donc beaucoup à voyager, monsieur?

M. d'orlange.

Ah! beaucoup. Est-il rien de plus doux dans la vie, Uue d'aller, de venir au gré de son envie?

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