‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 164 sur 340 · ACTE II. SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II. SCENE IV

M. d'ORLANGE, eniban-assé.

J'ai, très-jeune, quitté la maison paternelle, Et n'en ai maintenant qu'un souvenir confus. C'était un bel endroit ! il doit l'être encor plus.

M. d'ORFEUIL.

Et dites-moi, la mer est-elle loin ?

M. d'ORLANGE.

En face.

Je m'en souviens fort bien, au pied de la terrasse. Un pareil souvenir ne s'efface jamais.

M. d'ORFEUIL.

C'est un coup-d'œil superbe !

M. d'ORLANGE.

Oh! je vous le promets.

JUSTINE

Je verrai donc la mer une fois en ma vie I

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

J'ai toujours de la voir eu la plus grande envie.

M. d'ORLANGE.

Oh bien! c'est un plaisir qu'avant peu vous aurez; Et même en pleine mer vous vous promènerez.

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

Mais... j'aurais peur, je crois.

M. d'ORLANGE.

Quelle faiblesse extrême !

Eh! craint-on quelque chose auprès de ce qu'on aime?...

Il se reprend.

Près d'un père ?

M. d'ORFEUIL.

Monsieur, il est temps de souper; Et de ce soin pressant je m'en vais m'occuper. Voulez-vous bien venir, monsieur. . . monsieur d'Orlange ?

JUSTINE, à part.

Le futur a joué son rôle comme un ange.

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