SCÈNE III
LES PRÉCÉDENTS, M. D'ORLANGE.
M. d'ORLANGE.
D'un aimable entretien je crains de vous distraire, D'être importun.
M. DE FLORVILLE
Monsieur est bien sûr du contraire.
M. d'orlange.
Moi ! point du tout, d'honneur ! je puis être indiscret .' Je sens qu'en pareil cas un tiers me gênerait.
M. de FLORVILLE à part.
Fort bien ! vous allez voir que c'est moi qui le gêne.
M. d'ORLANGE à Florville.
Je suis un paresseux ; mais j'en porte la peine : Vous m'avez prévenu.
M. DE FLORVILLE
Bien plus heureusement, Vous me sûtes hier prévenir...
M. d'ORLANGE.
D'un moment.
Ma venue en ces lieux a devancé la vôtre. Ah ! nous sommes, monsieur, bien heureuxTun et Tautre. Eus-je tort, quand hier je vous félicitai ? Le portrait que j'ai fait vous paraît-il flatté ?
M. DE FLOR VILLE
Il s'en faut bien.
MADEMOISELLE d'ORFEUIL.
Messieurs, épargnez-moi, de grâce:
Ou vous m'obliererez...
M. DE FLORVILLE
Une telle menace Nous impose silence.
M. d'orlange.
Oui, changeons de sujet.
Il faut que je vous conte un rêve que j'ai fait. Ce qui frappe le jour, la nuit nous le rappelle. Ainsi je rêvais donc à vous, mademoiselle. Je vous voyais partout, au château, dans le bois; Et je vous voyais... telle enfln que je vous vois. De cette vision mon âme était charmée.
Mais quoi! je sens mes yeux se remplir de fumée. Je les ouvre : je vois quelque lueur briller : J'entends même de loin la flamme pétiller. Inquiet, de mon lit aussitôt je m'élance, Et je vais voir... partout règne un profond silence. Un instinct me conduit à votre appartement.
M. DE FLORVILLE
Cet instinct est heureux.
M. D'ORLANGE;
Oui, le feu, justement, Avait pris, par malheur, près de mademoiselle, Chez Justine.
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Ah 1 bon dieu !