‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 213 sur 340 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

M. DE GRÀG, M. FRANCHEVAL, VERDAG, THOMAS.

Pourquoi t'es-tu là-bas si longtemps fait attendre, Thomas? Quel est lé bruit qui se faisait entendre?

THOMAS, sans accent.

C'est celui d'un soufflet que là-bas j'ai reçu.

M. DE CRAC

Un soufflet ?

THOMAS

Oui, vraiment.

M. DE CRAC

Ah ! si je l'avais su I Et dé qui donc ?

THOMAS

De qui ? mais de monsieur de Trape En personne.

M. DE CRAC

A ce point le jeune homme s'échappe?

THOMAS

C'est vous qui bien plutôt vous êtes échappé : Vous menacez de loin, de près je suis frappé.

M. DE CRAC

Mais on né vit jamais brutalité pareille.

11 fait mine de sortir.

Cadédis! je m'en vais lui parler à l'oreille.

Il revient.

Oui, l'un dé ces matins, je lui dirai deux mots<

290 M. DE CRAC

THOMAS

Parce qu'il part demain.

VERDAC.

Eh ! mais à quel propos Ce démêlé ? pourquoi ?

M. DE CRAC

Pour une vagatelle, Qui né mérite pas que je vous la rappelle. Gé jeune homme prétend que je tire chez lui : Suis-jé dans le cas, moi. d'avoir besoin d'autrui ?

THOMAS

Vous risquez de tirer sur la terre d'un autre, Quand vous n'ajustez pas du milieu de la vôtre.

M. DE CRAC

Lé faquin est surpris que l'on ait des voisins. Au fait, lé comte et moi né sommes pas cousins. Nous avons eu jadis une certaine affaire, Dont lé petit monsieur se souviendra, j'espère.

VERDAC.

Je lé crois.

FRANCHE VAL

Dé ceci je n'ai rien su, ma foi.

M. DE CRAC

La chose s'est passée entré lé comte et moi. Je né sais ce que c'est dé prendre la trompette : Mais je vous l'ai mené, messieurs, je lé répète.

THOMAS

Ma foi, cette fois-ci vous fûtes plus prudent.

M. DE CRAC

Quoi ! toujours mé commettre avec un imprudent ! Dieu m'en garde! mais quoi, laissons cela dé grâce. Je suis on né peut plus satisfait dé ma chasse. J'avais tué lévreaux et perdraux, Dieu merci. Aucun dé la façon dont j'ai tué ceux-ci.

sctiNE viii. i>yi

THOMAS

Quand iivoz-voiis Uic tout cela, du bon compte ?

M. DE CRAC

Eh I quand tu recevais un bon soulilet du comte.

THOMAS

Il n'est plus de gibier ; ces messieurs sont témoins...

M. DE CRAC

Verdac sait si j'en tue une pièce dé moins I

FRANCHEVAL.

Dé lièvres cependant la terre est dépourvue.

VERDAC.

Moi j'en rencontre encor.

THOMAS

C'est avoir bonne vue.

VERDAC, à M. de Crac.

Votre histoire?

M. DE CRAC

A Thomas.

Écoutez, je... Que iais-tu là, toi ?

THOMAS

Moi. j'écoute.

M. DE CRAC

A quoi bon, l'ayant vu comme moi?

THOMAS

Pour voir si monseigneur racontera de même.

M. DE CRAC

Eh! sors.

Thomas sort.

Page 1