‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 238 sur 340 · LES MÊMES, SAINT-BRICE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, SAINT-BRICE

SAINT-BRICE

Eli! qu'en voulez-vous faire, Mon cher hôte?

M. DE CRAC

Mé vattre avec ce téméraire, Qu'aux genoux dé ma tille un valet a trouvé.

SAINT-BRICE

Monsieur, votre courage est assez éprouvé.

Vous allez vous commettre avec un tel jeune homme?

A FiMiichcval

Et vous, cher Franchéval, que partout on renomme,

324 M. DE CKAC.

Bas.

Quoi! c'est contre un vieillard qu'ici vous vous armez?

Haut.

Contre le père, enfin, de ce que vous aimez.

Déclamant.

Songez que l'offensem^ est père de Gliimène.

FRANCHEVAL

Ah! ce mot a suffi pour éteindre ma haine.

A M. de Crac,

Pardonnez-moi, monsieur, cet aveugle transport.

M. DE CRAC

Dé tout mon cœur : moi-même, après tout, j'avais tort; Ce combat inégal pouvait mé compromettre.

SAINT-BRIGE.

Je me battrai pour vous, si vous voulez permettre. Aussi bien à monsieur j'ai promis ce plaisir.

M. DE CRAC

Quel champion plus brave aurais-je pu choisir?

FRANCHEVAL.

Il faut bien, en effet, que Lucile vous coûte Quelque combat, au moins ; car vous êtes sans doute Ce rival préféré.

SAINT-BRICE

Peut-être ; au fait, mes droits Sur son cœur valent bien les vôtres, je le crois.

FRANCHEVAL.

C'est ce que l'on va voir.

SAINT-BRlCE.

Avant que de nous battre, Messieurs, il est un point qu'il est bon de débattre. Lucile apparemment est le prix du vainqueur?

M. DE CRAC, bas, à Saint-Bricc.

Mon prince, si c'est vous, j'y consens dé bon cœur.

SAINT-BRICE

Si c'est monsieur, de même; et l'équité l'exige.

M. DE CRAC

Je n'y puis consentir.

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