‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 28 sur 340 · M. DOI,B\N · texte numérisé non relu

M. DOI,B\N

Du Ion dont tu le dis, en oilut, je le crois. Quelle csl donc la personne ?

FLOUIMOND.

Elle a nom É liante.

C'est une veuve anglaise, une femme charmante : Je ne vous parle pas de sa rare beauté, Encor moins de ses biens et de sa qualité, Quoiqu'elle soit pourtant et noble, et riche, et belle. Mais, je vous l'avouerai, ce que j'admire en elle, Ce sont des qualités d'un bien plus digne prix. Pour les frivolités c'est ce nobJe mépris, C'est ce rare talent, le grand art de se taire. Sa fierté même ; enfin c'est tout son caractère.

M. DOLBAN.

Comment peux-tu si bien la connaître en un jour ?

FLORIMOND

Mais elle a fait à Brest un assez long séjour. Quelque temps, il est vrai, je la perdis de vue ; Mais j'en fais en ce lieu la rencontre imprévue : E imon cœur, dégagé de cette Léonor, La trouve ici plus belle cL plus aimable encor.

Elle est riche ?

FLORIMOND

Très-riche.

M. DOLBAN.

Et de haute naissance?

FLORIMOND

Oh ! très-haute.

M. DOLBAN.

En effet, une telle alliance Me semble... Écoute : il faut ne rien faire à demi. L'ambassadeur de Londre est mon meilleur ami ; Je vais le consulter : et si le témoignage Qu'il rendra d'Éliante est à son avantage, Je reviens à l'instant, et demande sa main.

ii L'INCONSTANT.

FLORIMOND

Oui, mon oncle, et plutôt aujourd'hui que demain.

M. DOLBAN.

Tu vas m'attendre ?

FLORIMOND

Non : je vais rendre visite A mon ami Valmont; mais je reviens bien vite.

M. DOLBAN, d'un ton suiitcncienx.

Je l'avais toujours dit : son cœur se fixera. Attendons ; tôt ou tard son heure arrivera. Et s'il trouve une femme...

FLORIMOND, t.ès-vivement et en reconduisant son oncle.

Allons, elle est trouvée.

Mon cher oncle, et mon heure est enfin arrivée.

M. Dolban sort.

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