ACTE IV, SCKiNK
GHARLE.
Eh quoi, madame Ev....!
M. DUBRIAGE.
Elle-même. Eh, d'où vient donc, mon cher, celle surprise extrême?
GHARLE.
Ma surprise ?
M. DUBRIAGE.
Oui ; j'ai vu ton soudain mouvement :
Tu m'as paru saisi d'un grand étonnement. A ton avis, j'ai tort de l'épouser peut-être?
GHARLE.
Monsieur... assurément... vous en êtes le maître.
M. DUBRIAGE.
Non ; tu viens de piquer ma curiosité : Explique-toi.
GHARLE.
Qui, moi?
M. DUBRIAGE.
, Toi-même.
GHARLE.
En vérité, Monsieur, tant de bonté ne sert qu'à me confondre : Dans la place où je suis, je ne puis vous répondre.
M. DUBRIAGE.
Tu blâmes cet hymen; oh! oui, je le vois bien : Tu veux dire par là...
GHARLE.
Monsieur, je ne dis rien.
On en dit quelquefois beaucoup plus qu'on ne pense : Ainsi de t' expliquer, Charle, je te dispense; Car, moi-même, aussi bien je m'étais déjà dit Ce que tu me voudrais faire entendre. Il suffit : N'en parlons plus. Tu peux me rendre un bon office.
408 LE VIEUX CELIBATAIRE.
GHARLE.
Trop heureux, monsieur ! Charle est à votre service ; Vous n'avez qu'à parler.
M. DUBRIAGE.
Je songe à ce neveu, Ou plutôt à sa femme : et, je t'en fais Faveu, Son sort me touche : elle est peut-être sans ressource. Je n'ai que cent louis, comptés dans cette bourse : Je voudrais, s'il se peut, les lui faire passer. Ils habitent Golmar. Comment les adresser? Car, en tout ceci, moi, je ne veux point paraître. Toi, Charle, par hasard, si tu pouvais connaître A Colmar...
CHARLE
J'y connais quelqu'un, précisément.
M. DUBRIAGE.
Cet ami pourra-t-il trouver la femme Armand ? Elle est si peu connue!
CHARLE
Il le pourra, je pense.
M. DUBRIAGE.
Tiens, prends
Mais non : plutôt que de prendre d'avance, Il vaut mieux m'informer de tout ceci, je croi : Alors...
M. DUBRIAGE.
Soit. J'ai bien fait de m'adresser à toi.
CHARLE
Oui.
M. DUBRIAGE.
Du fils de ma sœur, après tout, c'est la femme. Lui-même je l'ai plaint dans le fond de mon âme; Je le traite encor mieux qu'il ne l'eût mérité. Je l'aurais mille fois déjà déshérité, Si j'eusse voulu croire à certaines personnes... Que, sans te les nommer, peut-être tu soupçonnes.