‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 323 sur 340 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MADAME EVRARD, M. DUBRIAGE.

MADAME EVRARD

A part. Haut.

Ne désespérons pas. . A'ous semblez bien ému V

M. DUBRIAGE.

Mais mon émotion est assez naturelle.

MADAME EVRARD

Très-naturelle, oh ! oui!... Madame, où donc est-elle '?

M. DUBRIAGE.

Dans ma chambre ; elle écrit. Elle est bien, entre nous, Très-bien.

MADAME EVRARD

Pour en juger, je m'en rapporte à vous.

M. DUBRIAGE.

Comme vous aviez pris le change sur son compte ! Convenez-en.

MADAME EVRARD

D'accord ; oui, vraiment : j'en ai honte Pour ceux qui m'ont trompés. On se prévient d'abord Pour ou contre les gens, et souvent on a tort.

M. DUBRIAGE.

Si sur Armand lui-même, et pendant son absence, Nous étions abusés?

MADAME EVRARD

Ah ! quelle différence !

Nous ne sommes que trop instruits de ses excès. Eh ! n'avons-nous pas vu ses lettres ?

436 LE VIEUX CELIBATAIRE.

M. DUBRI.\GE.

Je le sais...

Des torts d'Armand, au reste, elle n'est pas coupable, La pauvre eiifant !

MADAME EVRARD

Oh, non! Vous êtes équitable.

Et ne confondez point le bon et le méchant.

M. DUBRIAGE.

Elle est bonne, en effet: elle a Tair si touchant!...

MADAME EVRARD

Oui, qui prévient pour elle ; il faut que j'en convienne : Et d'ailleurs il suffit qu'elle vous appartienne. Pour m'être chère à moi.

M. DUBRIAGE.

Voilà bien votre cœur!

MADAME EVRARD

Hélas! je ne veux rien, rien que votre bonheur.

Chère madame Evrard !... Mais Ambroise s'avance P^ort agité...

MADAME EVRARD

C'est là sa manière, je pense.

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