ACTE V, SCÈNE Uf. i'Sd
MADAME EVRARD
Vous-même aussi ; nous sortons Tun et Fautre.
GHARLE.
Vous croyez ?
MADAME EVRARD
Oui, ma chute entraînera la vôtre :
La protectrice à bas, adieu le protégé.
GHARLE.
Je voudrais bien pourtant n'avoir pas mon congé.
MADAME Evrard.
Il n'en est qu'un moyen : arrangeons-nous de sorte, Qu'au lieu de nous, mon cher, ce soit elle qui sorte.
GHARLE.
Elle qui sorte ?
MADAME EVRARD
Eh oui !
GHARLE.
Mais vous n'y pensez pas.
C'est l'unique moyen de sortir d'embarras. Il faudra soutenir qu'elle n'est pas la nièce, Et même le prouver.
GHARLE.
Ah dieu! quelle hardiesse!...
Mais quels sont pour cela vos moyens ?
MADAME EVRARD
Tout est prêt.
Armand va nous servir...
GHARLE.
Et comment, s'il vous plaît?
MADAME EVRARD
Armand va, de Golmar, écrire que sa femme Est là-bas, près de lui.
GHARLE.
Qu'entends-je? Ah ciel! madamÇu^ Contrelaire une lettre ?
MADAME EVRARD
Oh que non pas : d'abord, Ce faux serait, je pense, un trait un peu trop fort ; Ce serait une vaine et grossière imposture ; Car monsieur du neveu connaît bien l'écriture : Mais, comme vous savez, j'ai des lettres d'Armand, Et j'en montre une.
CHARLE
Bon!
Oui: Julien à, l'instant Va rapporter.
CHARLE
Eh mais, la date?...
MADAME EVRARD
Je la change.
Ambroise, en paraissant venir de chez Lagrange, Ya, par un faux récit, porter les premiers coups. J'affecterai d'abord l'air incrédule et doux ; Mais j'appuie en effet, et je montre la lettre : La nièce partira, j'ose bien le promettre.
CHARLE
Soit. Mais à des papiers, car elle en peut avoir, Que répliquerez-vous ? je voudrais le savoir.
MADAME EVRARD
Il ne la verra point.
CHARLE
En êtes-vous bien sûre ?
MADAME EVRARD
Oui, si vous nous aidez. Sachez, je vous conjure, La retenir là-bas, tandis qu' Ambroise et moi Nous nous chargeons ici de Monsieur.
CHARLE
Bien, ma foi !
Madame, j'aurai soin de ne pas quitter Laure.
ACIK V, SCKNE IV. 43o
Voici monsieur : je dois dissimuler encore ; Allez.
GHARLE, à part.
Je vais... parer à ce coup imprévu.
11 sort.