SCÈNE VI
GHARLE. M. DUBRIAGE, MADAME EVRARD, AMBROISE.
CHARLE
Arrêtez :
Ne renvoyons personne. #
MADAME EVRARD
Eh quoi donc?
Écoutez...
A M. Dubriage.
De madame je sais le fond de ce mystère : Il faut que je me mêle un peu de cette affaire.
MADAME EVRARD
Que veut dire ceci? Cliarle est-il contre nous?
GHARLE.
Si Charle avait lui-même à se plaindre de vous ?
MADAME EVRARD
Ahl je vois ce que c'est : Laare est jeune et gentille : Charle l'aime ; et dès lors il soutient cette fille.
AMBROISE
Oui, sans doute ; en deux mots, voilà tout le secret.
M. DUBRLIGE.
Non; Charle est honnête homme.
CHARLE
A madame ËvrarJ.
Ah ! je le suis. Au fait :
Répondez...
MADAME EVRARD
De quel droit?...
CHARLE
Voulez- vous bien permettre?...
Vous dites donc qu'Armand vient d'ôcriro uno lettre?
actp: V, scKNE VI. ii:i
MADAMK KVRARD.
Kli oui !
OHARI.E.
J'en suis fâché pour vous, madame Evrard : Mais cet Armand, qu'on fait écrire de Colmar. Est ici, chez son oncle; et c'est lui qui vous parle : Je suis Armand.
MADAME EVRARD
Ah ciel !
AMBROISE
Se peut-il !.,.
M. DUBRIAGE.
Eli quoi ! Charle Serait...
CHARLE
Ils m'ont réduit à ce déguisement; Mais sous le nom de Gharle enfln je suis Armand,
AMBROISE
Allons donc !
CHARLE
Un seul mot va leur fermer la bouche : J'ai servi, mon cher oncle, et voici ma cartouche. Par là jugez du reste. Auprès de vous ainsi Ils m'ont, pendant dix ans, calomnié, noirci. Mais de mon père, hélas ! cet extrait mortuaire.
Présentant succcsèivcnieat à M. Dubriagc toutes le; pièces qu'il
annonce.
Mon extrait de baptême, et celui de ma mère, Qui, mourant, do mon sort sur vous se reposa,
Monirant iiuidiimc l^vrarJ.
Et dix lettres... Que sais-je?... où cette femme osa Me défendre d'écrire et surtout de paraître; Tout parle en ma faveur, tout me fait reconnaître : Tout vous dit que je suis Armand, votre neveu, Le fils de votre sœur, votre sang.
M. DUBRIAGE.
Juste dieu I Tu serais...