‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 39 sur 340 · ACTE II, SCHNt: V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCHNt: V

Tu vois mourir le jour, et renaître Taurore ;

Ton œil, à chaque pas, voit la nature éclore;

Ta femme est belle, sage, et tes enfants nombreux...

Non, ce n'est plus qu'aux champs que Ton peut être heureux.

CRISPIN

Au moins, n'espérez pas que Lafleur vous imite :

Le diable était plus vieux quand il se fit ermite.

Et puis, vous connaissez le bon monsieur Dolban :

Donnera-t-il les mains à votre nouveau plan,

Lui qui, pour l'autre hymen (car c'est vous qui le dites)

S'occupe, en ce moment, à faire des visites?

FLORIMOND

Eh ! que m'importe ? aussi pourquoi se presser tant ?

Voyez, ne pouvait-il différer d'un instant ?

Voilà comme est mon oncle ; il prend tout à la lettre :

Jamais au lendemain on ne l'a vu remettre.

Et puis il aime fort ces commissions-là.

Négociation, demande, et cœtera ;

Il croit en ce moment conduire une ambassade.

Mais il pourrait venir ; et de peur d'incartade,

Je sors, moi... mais on vient, et c'est peut-être lui.

CRISPIN

C'est madame Éliante.

FLORIMOND

Autre surcroit d'ennui.

Il prête l'oreillo.

C'est elle-même. Dieu! quel pénible martyre ! Comment l'aborderai-je, et que vais-je lui dire?

Il rûvc un moment.

Je lui vais dire, moi la chose comme elle est ; Que je ne l'aime plus, et qu'une autre me plaît : Je crois qu'il est affreux de tromper une femme.

A Crispin.

Laisse nous.

Crispin sort.

58 L'INCUiNSTAM.

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