‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 46 sur 340 · ÉLIANTE, LISETTE · texte numérisé non relu

ÉLIANTE, LISETTE

LISETTE

Un si prompt changement a lieu de me surprendre, Madame, pardonnez... Mais ne pourrais-je apprendre La cause du chagrin, du trouble où je vous voi?

ELIANTE. une lettre à la main, très-émue,

Je ne veux plus jamais croire à la bonne foi.

LISETTE

Vous avez lu vingt fois et relu cette lettre

Qu'à l'instant en vos mains Tliôte vient de remettre :

C'est elle qui, sans doute, a causé tout le mal.

ÉLIANTE

Il est trop vrai, Lisette; et ce courrier fatal M'apprend de Florimond l'action la plus noire. A Brest, au premier jour, aurais-tu pu le croire? Il va se marier, et le contrat est fait.

LISETTE

Qu'eniends-je? Un trait pareil est bien noir en effet.

ÉLIANTE

Essuya-t-on jamais un plus sensible outrage? Oui, j'en pleure à la fois et de honte, et de rage.

LISETTE

Madame, trêve, en grâce, à ce trouble mortel.

KLLVXrE.

Je ne puis un moment rester en cet hôtel. Hélas! moi, je croyais que cette impatience... Ehl qui n'eût, à ma place, eu même confiance? Qui n'aurait cru de même à cette vive ardeur, A Ces trirnsporiK l)riilanls?... Je vahttUs sa candeur!

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