ACTE I, SCENE IV. y
M. DE PLINVILLK.
Quoi ! le chagrin, dis-tu ? Serait-elle chagrine ?
MADAME DE ROSELLE
Vous ne remarquez pas ?
M. DE PLINVILLE.
Non.
MADAME DE ROSELLE
Pourtant, on voit bien Qu'elle rêve....
M. DE PLINVILLE.
En effet. Mais bon ! cela n'est rien.
Elle a quelque regret de nous quitter, sans doute ; Et puis, elle est modeste : on sait ce qu'il en coûte... Mais dès que Morinval aura reçu sa main, Tu verras : je voudrais que ce fût dès demain.
MADAME DE ROSELLE
A propos, cet hymen, il faudra le remettre.
M. DE PLINVILLE.
Et pourquoi ?
MADAME DE ROSELLE
De ma sœur je reçois une lettre ; A la noce, dit-elle, elle veut se trouver. Et dans huit jours, peut-être, elle doit arriver.
M. DE PLINVILLE.
Pourquoi donc avec toi n'est-elle pas venue ?
MADAME DE ROSELLE
Elle hésitait toujours : sa lenteur est connue. Moi je l'ai devancée.
M. DE PLINVlLLÉ.
A ravir*
Madame de rosellë.
Ce délai N'est rien : qu'est-ce, t^rès tout, que huit jours?
M. de PLINVILLE.
Il est vrai.
Trop heureux de revoir madame de Mirbelle ! Nous allons tous les deux disputer de plus belle. Je la connais ; aussi je vais me préparer.
MADAME DE ROSELLE, à part.
Cela nous donnera le temps de respirer.
M. DE PLINVILLE.
Nous ne l'attendrons pas du moins pour notre fête. Mais, on vient.
MADAME DE ROSKLLE.
Comment donc, ma tante est déjà prête ?
M. DE PLINVILLE.
Oh ! ma femme est toujours exacte aux rendez-vous.