‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 7 sur 340 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

zon, Saint-Phal, Dazincourt, Dunant, Belmont, et lyjme Petit-Vanhove. Dugazon surtout, dans le rôle principal, saisit parfaitement l'accent de la Garonne et déploya toute sa verve comique. La pièce fit le plus grand plaisir.

Collin a raconté comment naquit le Vieicx Célibataire^. Cette comédie parut sur le théâtre de la Nation le 24 février 1792. Les interprètes furent Mole dans le rôle de Dubriage, W^^ Contât dans celui de M"^° Evrard, Fleury, Dazincourt et Larochelle. Le succès dépassa toute prévision. « Le plan de cette pièce, disent les historiens du théâtre de cette époque'^, est parfaitement conçu; les situations* sont bien amenées; lïntérèt va toujours croissant, et le style, élégant et correct, ne laisse presque rien à désirer. Cet ouvrage est, selon nous, le meilleur, le plus régulier, que l'on ait donné depuis la Métromanie, et doit suffire pour immortaliser son auteur. »

Collin d'Harleville, en écrivant cet éloquent plaidoyer en faveur du mariage, était comme ces prédicateurs qui auraient besoin d'ajouter en apostille à leur discours : « Faites ce que je dis, et non pas ce que je fais, » car lui-même restait célibataire, ainsi qu'on le voit dans le dialogue du poëte et de son jardinier -^

Cependant tout s'assombrissait. Les massacres de septembre avaient inauguré le régime de la Terreur. Collin d'Harleville, désigné d'avance comme suspect de modérantisme et d'incivisme, crut devoir payer son tribut à la Fiévolution ; il le fit par un acte en vers intitulé Hose et Picard ou la Suite de l'Optimiste, représenté le 28 prairial an II (16 juin 1794),

Page 1