‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 234 sur 449 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

M. D^ORLANGE.

Oui, je rêve...

M. d'orfeuil.

A la lettre?

A cet oncle indiscret?

Mais, en eflet, Derval A trahi son neveu pour vous; c'est assez mal.

M. d'orfeuil.

Vous pouvez l'accuser, mais je ne puis m*en plaindre ; Car pourquoi le neveu s'avise-t-il de feindre?

M. d'orlange.

Il avait ses raisons pour en user ainsi.

M. d'orfeuil.

Pour le trahir, son oncle eut les siennesaussi. Savez-vous bien, monsieur, qu'en gardant l'anonyme, De son propre artifice on est souvent victime ?

M. d'orlange.

Oui, le gendre en effet pouvait vous échapper : Mais, monsieur, il n'est pas aisé de vous tromper 1

M. d'orfeuil.

J'en conviens... A propos, parlons de mariage. L'objet de vos désirs et de votre voyage.

M. d'orlange.

Pour une telle fête on viendrait de plus loin. J'ai dépêché Victor pour cela: j'ai besoin De son retour»

M. d'orfeuil.

J'entends.

M. d'orlange.

Tenez, je suis sincère, Je sens que l'étranger nous était nécessaire; Et j'ai regret de voir qu'il se soit en allé.

M. d'orfeuil.

J'en suis fâché ; mais quoi, je me suis consolé.

Ce monsieur gagnerait à se faire connaître.

M. d'orfeuil.

Je ne sais.

M. d'orlange.

En ces lieux il reviendra peut-être.

M d'orfeuil.

J'ai fait de vains efforts pour obtenir ce point.

M. d'orlange.

Je serais très fâché s'il ne revenait point.

M. d'orFEUIL.

Parlons de vous, Florville : allons, plus de d'Orlange.

M. d'orlânge.

Si Florville est heureux, je ne perds point au change.

M. d'orfeuil.

Ni ma fille non plus ; justement la voici.

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