L.eur exemple pdriau Dieu mieux que leur» uiscuurs
Us semblaient pressentir, hélas! leur fin prochaine. Depuis qu'ils ne sont plus, j'ai bien eu de la peine ; Mais j'ai toujours trouvé dans l'occupation Subsistance à la fois et consolation .
M. DUBRIÂGE.
Je vois que vos parents vous ont bien élevée. Quoi ! de tous deux déjà vous êtes donc privée ?
LAURE
Un cruel accident tout à coup m'a ravi Mon père ; et de bien près ma mère l'a suivi.
M. DUBRIAGE.
Perdre ainsi ses parents, de tels parents encore!... Car, sans les avoir vus, tous deux je les honore... Ma fille, je vous plains.
LAURE
Quel excès de bonté.
Monsieur I Le ciel pourtant ne m'a pas tout ôté : Il me reste un ami, mais un ami solide. Qui m'a jusqu'à Paris daigné servir de guide. .
M. DUBRIAGE.
Vous êtes de province?
LAURE
Oui, de bien loin : aussi J'ai mis dix jours entiers pour venir jusqu'ici.
(On entend une \oix du dehors, appelant.)
« Laure! Laure! »
LAURE
Je crois qu'on m'appelle.
M. DUBRIAGE,
N'importe.
3iC LE VIEUX CELIBATAIRE.
Pour VOUS expatrier, mon enfant, de la sorte, Sans doute vous aviez un motif, un objet?
LAURE
Oh, oui, monsieur ! voici quel en est le sujet : L'ami dont je parlais, le seul que j'aie au monde. Et sur qui désormais tout mon bonheur se fonde, A dans la capitale un très proche parent : 11 m'en parlait sans cesse, et toujours en pleurant, « Oui, me dit-il un jour, vous êtes vertueuse, Jeune, douce, surtout vous ôtes malheureuse ; Il doit vous secourir, et je vous le promets. » Je le crus : mon ami ne me trompa jamais. Je partis avec lui, croyant suivre mon frère, Regrettant peu des lieux où n'était plus ma mère. Après dix jours de marche, enfin nous arrivons.
M. DUBRIAGK.
Eh bien?...
LAURE
Mais quel accueil, ô ciel, nous éprouvons I
M. DUBRIAGK.
Il VOUS aurait reçue avec indifférence ?
LAURE
Ah, monsieur, nous aurions encor quelque espérance, S'il avait voulu seulement voulu nous recevoir.
M. DUBRIAGK.
Quoi I ce proche parent... ?
L A U il K .
N'a pas daigné nous voir.
M. DUBRIAGK.
Que dites-vous ? cet homme a donc un cœur de roche ?..<
LAURE
Ce n'est pas le moment de lui faire un reproche. Non, il n'est point cruel ; il est humain et bon ; Et sans des étrangers, maîtres de la maison...
M. DUBRIAGE.
il est bon, dites-vous? Eh, c'est faiblesse pure! Rien doit-il, rien peut- il étouffer la nature? Je veux voir ce parent ; ensemble nous irons : Cet homme est inflexible, ou nous l'attendrirons.
LAURE
Ah! monsieur, je commence à le croire possible : Je me flatte, en effet, qu'il n'est point accessible ; Et i'ût-il contre nous encore plus aigri. Oui, nous l'attendrirons : je vous vois attendri!