‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 324 sur 449 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les MÊMES, M. MORAND.

(h. Morand a des papiers à la main ; et, dans toute la pièce,

il paraît soucieux et préoccupé.)

FLORVEL, d'un ton assez leste.

Bonjour, mon père.

304 LES MOËUllS DU JOUR.

M. MORAND

Ah, ah ! c'est toi ! bonjour mon cher.

FLORVEL

Je VOUS cherchais...

Eh bien, qu'est-ce, madame Euler?

Votre jeune écolière est-elle un peu savante?

FLORVEL

Ma foi, savante ou non, ma cousine est charmante.

M. MORAND

Laissez-nous donc !

(a madimie Euler.)

Enfin...?!

MADAME EULER

Elle aura du talent :

Elle commence...

M. MORAND, avec un gros rire.

Ah, ah ! commence, est excellent.

MADAME EULER

En quoi?

M. MORAND

Me croyez VOUS en beaux-arts si novice ? Commencer I avant peu j'entends qu'elle finisse. Voilà six mois entiers: il est bien temps, je crois...

MADAME EULER, souriant.

Mais. . le dessin n'est pas l'ouvrage de six mois : Il me semble. . .

M. MORAND

J'entends : vous parlez en maîtresse; C'est tout simple ; mais moi. .. I vous sentez que ma nièce Madame Euler, jamais ne sera dans le cas De s'en faire un état.

MADAME EULER

Non, je ne prévois pas Que ce soit là le sort de ma jeune écolière.

(D'un ton concentré.)

Elle ne serait pas cependant la crémière Qui, de talents acquis dans le sein des plaisirs, Riche, se promettait de charmer ses loisirs. Et que plus d'un revers, que telle circonstance. Ont réduite à s'en faire un moyen d'existence.

M. MORAND

Bah I propos de romans ! je ne vois point cela ; Sophie, assurément, n'en sera jamais là.

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