SCÈNE VI
Les MÊMES, MADAME DIRVAL.
MADAME DIRVAL.
Bonjour. Vous avez Tair bien satisfaitj'^messieurs ?
Oui, nous venons de faire un travail... ; et, d'ailleupî». Eût-on quelque nuage, adorable cousine, Ces yeux tendres et doux, cette charmante mine, Suffiraient sûrement...
MADAME DIRVAL.
Pour vous mettre d'accord, N'est-ce pas? je devine un compliment, d'abord. La gaîté. j'en conviens, suie a droit de me plaire. Je ne sais pas comment on se met en colère. Disputer, quereller !... en a-t-on le loisir ? C'est autant de larcins que l'on fait au plaisir.
FLORVEL
Voilà ce que j'appelle une philosophie... !
MADAME DIRVAL.
Fort simple, n'est-ce pas, mon cher oncle ?
M. MORAND, assis, et écrivant.
Oui, Sophie.
MADAME DIRVAL à Florvel.
A propos, j'aurais pu me faire attendre un peu.
FLORVEL
Oui, Ton vous voit toujours trop tard, j'en fais l'aveu.
MADAME DIRVAL.
Toujours galant, aimable!
FLORVEL
Eh ! înais, j'ai dans l'idée Que c'est le d'Héricourt qui vous a retardée.
MADAME DIRVAL, avec un peu d'embarras.
Nous n'avons pas ensemble eu bien long entrelien. Je sortais de chez moi comme il venait.
FLORVEL
Fort bien î Lui seuL..
MADAME DIRVAL.
Madame Euler serait-elle venue?
FLORVEL
Mais, oui.
3<>N u:s M»:rRS Dr jouii.
MADAMK DIRVAL.
J'ai bien regret de ne l'avoir point vue.
FLORVKL.
Bon ! elle reviendra: le malheur n'est pas grand.
MADAME DIRVAL.
Moi, je suis très sensible aux peines qu'elle prend.
FLORVEL
A la bonne heure : ah! çà, partirons-nous, ma chère ?
MADAME DIRVAL.
J'aurais auparavvnt désiré voir mon frère.
FLORVEL
Bah! dès le point du jour il est, dit-on, dehors.
M. MORAND, toujours éciÎTant.
Ton cher frère, ma nièce, est un drôle de corps.
(il rit, ainsi que Florvcl.) FLORVEL.
Oui.
MADAME DIRVAL.
Quand vous en parlez, vous haussez les épaules : N'est-ce pas lui plutôt qui doit nous trouver drôles ?
FLORVEL
Aussi, Dieu sait s'il aime à reprendre, à fronder ! Il rentrera, cousine, assez loi pour gronder.
MADAME DIRVAL,
Il est donc bien terrible ?
FLORVEL
Eh ! mais je crois l'enlendrc.