ACTK II, SCÈNE XII
Mais je cours chez votre oncle : au revoir, mon enfant.
(a Formont.)
Quant à Paris, mon cher, puisque vous aimez l'autre,
(a d*Héricourt .)
Je vous y laisse. Et nous, allons jouir du nôtre.
MADAME DIRVAL à d*Héricourt.
Quoi? vous sortez?
FORMONT, à part.
Déjà!
d'héricourt.
J'oubliais qu'on m'attend.
Je vous quitte à regret, et reviens à l'instant.
MADAME DIRVAL, bas à d'JIéricourt.
Vous n'oublirez donc pas...?
d'hÉRICOURT, de même.
Prière superflue !
(Haut à Formont, en souriant.)
Vous et votre Paris, monsieur, je vous salue.
(lIsorL)
SCKNE XII
MADAME DIRVAL, FORMONT.
FORMONT
Us me font tous pitié.
MADAME DIRVAL.
Mon frère I...
FORMONT
Va, ma sœur.
Ce monde est près de toi, mais bien loin de ton cœur. Je n'accuse pas plus Sophie et ses semblables. Que mille ieunes gens aimables, estimables, Tels qu'Euler, étrangers à ces airs, ce jargon. Et chez qui l'on retrouve encor le vrai bon ton. Je ne censure point les plaisirs de ton âge. Tu sais si je jouais ce fâcheux personnage Pendant ces jours si doux, et trop vite écoulés... I
MADAME DIRVAL.
Je me rappelle bien le temps dont vous parlez.
FORMONT
Tu m'as quitté pourtant; mais je te le pordonne: Nous passâmes ensemble un si charmant automne I Comme, heureux et contents, nous vivions tous les trois l
Le troisième, ô ma sœur ! tu t'en souviens, je crois ?
MADAME DIRYÂL.
Le troisième? eh! mais, oui, doutez- vous... ?
FORMONT
Non, Sophie, Tu ne peux, j'en suis sûr, l'oublier de ta vie.
MADAME DIRYAL.
Jamais. C'est lui plutôt qui semble m'oublier. Depuis un an.
FORMONT
Lui ? tiens ! je m'en vais parier Que SCS lettres, ma sœur, se seront égarées. Sa tendresse, sa foi, j'en réponds, sont sacrées. Dirval I à ce seul nom mon cœur est attendri. Personne ne te parle ici de ton mari : Mais nous t'en parlons, nous.
MADAME DIRVAL.
Ëst-il donc nécessaire De me le rappeler ?
FORMONT
Non, non, je suis sincère, Moi, je ne te veux point reprocher mes regrets. Et je m'occupe ici de tes seuls intérêts. ^
Laisse là ce Paris et ses charmes factices ; Arrache-toi bien vite à ces vaines délices : Oui, ma chère Sophie, oui, reviens, parmi nous. Goûter ces plaisirs purs....
Je les crois purs et doux :
Mais, franchement, j'ai peur que l'ennui ne m'y gagne. J'aime bien mieux vous voir ici qu'à la campagne.
FORMONT
Mais je ne puis rester à Paris, tu le sais.
MADAME DIRVAL.
Eh bien, vous reviendrez.
FORMONT
Moi, revenir? jamais.
Suis-moi plutôt : partons ; nos champs tej;redemandcnt. Là mille amusements, mille doux jeux t'attendent.
MADAME DIRVAL.
Il est vrai que le nom de jeux, d'amusemens, Convient assez, mon frère, à ces plaisirs d'enfants. Mais on change de goût lorsqu'on avance en âge : Et l'on a d'autres yeux à Paris qu'au village.