‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 365 sur 449 · ACTE III, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XII

FORMONT à son oncle.

Auriez-vous cru cela ?

MADAME DERBIN.

Sa conversation est tout intéressante.

MADAME DE VERDIE

On n'est pas plus galant.

FORMONT

Madame est indulgente.

M. BASSET à M. Morand.

Et Dorival? hier, s'est-il pu relever?

Il commençait; d'un coup, moi, j'ai su l'achever. Cinq cents louis...

' FORMONT

Cinq cents ?

M. MORAND

J'en avais perdu mille

(a U. Basset.)

La surveille : il vendra sa terre de Frévilîe.

M. BASSET

Sa terre?

(il rêve.) M. MORAND.

n perd cela, tout comme il l'a gagné.

FORMONT

Encor, si le joueur était seul ruiné !

M. MORAND

Basset, que je vous dise :

(a mi-voix.)

En ce moment j achète. ..

M. BASSET, de même.

Ah! quoi donc?

(Us se parlent à Técart, et bas.) MADAME DERBIN, à mi-voix aussi, à Formont.

Les voilà qui causent en cachette. Vous croiriez qu'il s'agit de plaisir : point du tout ; C'est d'affaires, d'argent.

FORMONT, assez froidement.

Ëh ! chacun a son goût.

MADAME DE VERDIE, plus bas encore, à Formont.

Mais il n'est qu'un secret pourtant, le doux mystère. N'est-il pas vrai?

FORMONT, de même.

Cela dépend du caractère.

M. BASSET, élevant la voix.

UvendFpéville?

M. MORAND, de même.

Eh! oui.

M. BASSET

Diable ! je suis touché. . .

(a part.)

Allons vite ; j*aurai sa terre à bon marché.

(Haut.)

Adieu.

M. MORAND

Quoi? vous sortez?

M. BASSET

Pour affaire soudaine.

(a mesdames de Verdie et Derbin, en montrant Forment.)

Je n'irai point au bal : que monsieur vous y mène.

(n sort.) FORMONT lui crie de loin.

Je VOUS suis obligé.

M. MORAND

Ah ! Basset ! à propos, 11 faut que sur ces bons je vous dise deux mots.

(il court sur les pas de M. Basset.)

Page 1