‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 377 sur 449 · MADAME DIRVAL, MADAME EULER · texte numérisé non relu

MADAME DIRVAL, MADAME EULER

MADAME DIRVAL, seule, un moment.

Au bal I hélas ! que sais- je ?...

MADAME EULER, plus vivement qu'à l'ordinaire .

0 ma chère Sophie !

J'apprends votre malheur,

MADAME DIRVAL.

El comment, je vous prie ?

MADAME EULER

Par votre oncle, en passant.

MADAME DIRVAL.

Il vous a dit...? ô Dieu !

MADAME EULER

Et trop heureuse encor qu'il m'en ait fait l'aveu !

Mais quel chagrin pour vous! combien j'en suis touchée !

MADAME DIRVAL.

Et contre moi, Dieu sait si vous ôtes fâchée !

MADAME EULER

Il est vrai, mon amie ; et je vous gronderai... Quelque jour, quand le mal sera bien réparé : En attendant, je viens vous faire une prière.

MADAME DIRVAL.

Et de quoi ?

MADAME EULER

D'accepter, mais de moi la première, Ces douze vieux louis, qu'avec soin je gardais Pour quelque grand besoin que toujours j'attendais.

MADAME DIRVAL,

Comment,..?

L'occasion est enfin arrivée :

Pour un plaisir bien doux je me suis réservée.

MADAME DIRVAL.

Bonne madame Euler I quoi, c'est vous qui m'offrez Ce fruit de vos travaux?

MADAME EULER

Et vous le recevrez.

MADAME DIRVAL.

Qui ? moi I je souffrirais que vos économies Servissent, chère Euler, à payer mes folies !

' MADAME EULER

Vous deviendrez plus sage ; et ma tendre amitié Va dans cette leçon se trouver de moitié. Moi, je n'ai qu'un chagrin, c'est de ne pas tout faire. Mais quoi ! dois-je envier le reste à votre frère ?

MADAME DIRVAL.

Mon frère, dites-vous ? ah ! ne lui parlez pas De tout ceci.

MADAME EULER

Comment ?... mais, ma chère, en ce cas, Quel est donc votre espoir ? et dans quelle autre bourse

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