SCENE II
Les mêmes, MADAME EULER.
(Dirval se tient à l'écart.) MADAME EULER, se croyant seule.
Ah ! je croyais avoir distingué quelque bruit. 0 Sophie I... attendons, s'il faut, toute la nuit.
DIRVAL, se montrant.
Je VOUS reconnais bien, rare et fidèle amie !
MADAME EULER
Que vois^je ? ô ciel ! veillé-je ? ou serais-je endormie ? Monsieur Dirval !
DIRVAL.
Lui même : oui, c'est moi, c'est bien moi, Madame Euler, charmé de vous revoir.
MADAME EULER
Eh ! quoi ?
Vous de retour, enfin !
DIRVAL, s'approchant.
Permettez-moi, de grâce...
C'est le meilleur ami d'Euler qui vous embrasse.
De tout mon cœur, monsieur.
DIRVAL.
0 combien je vous dois, Chère madame Euler ! car j'apprends à la fois.. . (Et jugez si mon âme est émue et ravie I) Votre séjour ici, vos bontés pour Sophie.
MADAME EULER
Vous mettez trop de prix...
DIRVAL.
Je ne rends qu'à demi
Ce que je sens bien mieux. Et notre bon ami, Ce cher Euler, est-il bien portant ?
MADAME EULER
A merveille .
Il repose à présent.
DIRVAL.
Oui ; mais ramitié veille.
FRANÇOIS
Heureusement pour nous.
MADAME EULER à François.
Vous-même, il en est temps, Rentrez, mon bon François...
Eh ! je ne puis : j'attends.
D'aller au bal aussi monsieur a la manie ; Et de tous ces bals, moi, je n'ai que l'insomnie.
(n sort.)