SCENE III
MADAME EULER, DIRVAL.
MADAME EULER
Vous voilà de retour, après un si long temps !
DIRVAL.
Jugez si j'ai dû, moi, trouver longs ces deux ans ! Séparé de ma femme, et d'un ami, d'un frère ! Mais j'étais prisonnier ; c'est le sort de la guerre. Au désespoir, vingt fois, j'ai pensé me livrer. Un échange à la fin vient de nous délivrer : J'en profite ; j'accours, brûlant au fond de l'ftme De revoir mes amis et d'embrasser ma femme ; Et ma femme est au bal î
MADAME EULER
C'est dommage, en effet.
On l'a presque entraînée ; et, jeune comme elle est...
DIRVAL.
Il est tout naturel qu'on cherche à la distraire.
Et moi, qui la croyais là-bas, chez mon beau-frère !..,
MADAME EULER, à part.
Plût au ciel !
DIRVAL.
J'en arrive.