ACTE I, SCÈNE II
M. SAINT-FIRMIN
Qui jouera donc ce rôle ?
FLORIMEL.
Ëh ! ne l'a-t-on pas dit ?
Babet.
Quoi ? cette grosse ?. . .
FLORIMEL.
On voile son visage.
KUSÉBIE.
Sa voix ?...
FLORIMEL.
De la parole elle a perdu l'usage.
MADAME DOLBAN,
Il a réponse à tout.
M. SAINT-FIRMIN
A merveille : voilà Gouvernante et soubrette : oui, mais en ce cas-là, Qui fera donc ma nièce, enfin ?
- MADAME d'oLBAN (eu montrant Eusébie) .
Mademoiselle :
J'espère qu'aujourd'hui, l'on peut compter sur elle.
MADEMOISELLE DOLBAN (à Eusébie).
Me ferez-vous l'honneur de me réprésenter ?
EUSÉBIE
En vérité, je crains...
MADAME DOLBAN.
Ah 1 c'est trop hésiter Les rôles sont donnés, et vous êtes ma fille.
EUSÉBIE
J'obéis.
M . SAIN T- F 1 R M I N (à Eusébie).
Vous étiez déjà de la famille, Trop aimable orpheline !...
MADAME DOLBAN.
Allons, point de fadeur.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Au fait.
FLORIMEL (à Eusébie).
Souvenez-vous, ô ma nouvelle sœur !
Que vous allez jouer un rôle d'amoureuse.
EUSÉBIE
b'atnoureuse ?
FLORIMEL.
Sads doute.
'i5 8 MALICE POUR MALICE.
M. SAINT-FIRMIN
Oui, ridée est heureuse.
MADAME DOLBAN.
Mon fils est si plaisant !
FLORIMEL.
11 faut que vous soyiez D'une tendresse !..
Ah, ah ! vous me le conseillez, Monsieur?
FLORIMEL.
Je fais bien plus, vraiment, je vous en prie.
Eh ! mais, tout en suivant cette plaisanterie. Si j'allais donc aimer, tout de bon ?
M. SAINT-FIRMIN (vivement).
Oui ? tant mieux.
FLORIMEL (d'un air suffisant).
Ma réponse à cela, je la lis dans vos yeux.
KUSÉBIE.
Bon ! alors...
MADEMOISELLE DOLBAN.
Te voilà bien confiant, mon frère !
FLORIMEL.
Un peu. Je vais pourtant paraître le contraire. Oui, mon rôle est celui d'un frère allier, joloux, Ombrageux, ou plutôt, je les embrasse tous ; Car tenez, il me vient déjà mille saillies ; Puis je vais, à mesure, inventer des folies...
M. SAINT-FlRMIN.
Oh ! je m'en fie à toi. Moi, je parlerai peu, Comme disait ma sœur : j'observerai le jeu ; De tout le monde, ici, je jugerai l'adresse ; Mais c'est le dénoûment, surtout, qui m'intéresse.
Oui; c'est l'ami Gélon qui va nous seconder!
MADEMOISELLE DOLBAN.
Certes 1 ... Il ne vient point.
FLORIMEL.
Il ne saurait tarder.
M. SAINT-FIRMlN.
C'est là le grand railleur.
MADAME DOLBAN.
Ah ! oui, par excellence.
ACTR I, SCÈNE III. 'i^O
EUSÉBIE
il VOUS persiffle, môme en gardant le silence.
FLORIMEL.
Ce Gélon, par malheur, raille indistinctement Amis comme ennemis.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Oui, mais si joliment !
Il est charmant.
M. SAINT-FIRMIN
Sans doute : il te trouve charmante!
MADAME DOLBAN.
Moi, tenez, franchement, plutôt qu'il me tourmente, J'aime encore mieux l'aider à tourmenter autrui.
M. SATNT-FIRMIN.
Voilà le mot. Eh! mais...
MADEMOISELLE DOLBAN.
Oui, justement c'est lui.