‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 403 sur 449 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

M. SAINT-FIRMIN

Qui jouera donc ce rôle ?

FLORIMEL.

Ëh ! ne l'a-t-on pas dit ?

Babet.

Quoi ? cette grosse ?. . .

FLORIMEL.

On voile son visage.

KUSÉBIE.

Sa voix ?...

FLORIMEL.

De la parole elle a perdu l'usage.

MADAME DOLBAN,

Il a réponse à tout.

M. SAINT-FIRMIN

A merveille : voilà Gouvernante et soubrette : oui, mais en ce cas-là, Qui fera donc ma nièce, enfin ?

- MADAME d'oLBAN (eu montrant Eusébie) .

Mademoiselle :

J'espère qu'aujourd'hui, l'on peut compter sur elle.

MADEMOISELLE DOLBAN (à Eusébie).

Me ferez-vous l'honneur de me réprésenter ?

EUSÉBIE

En vérité, je crains...

MADAME DOLBAN.

Ah 1 c'est trop hésiter Les rôles sont donnés, et vous êtes ma fille.

EUSÉBIE

J'obéis.

M . SAIN T- F 1 R M I N (à Eusébie).

Vous étiez déjà de la famille, Trop aimable orpheline !...

MADAME DOLBAN.

Allons, point de fadeur.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Au fait.

FLORIMEL (à Eusébie).

Souvenez-vous, ô ma nouvelle sœur !

Que vous allez jouer un rôle d'amoureuse.

EUSÉBIE

b'atnoureuse ?

FLORIMEL.

Sads doute.

'i5 8 MALICE POUR MALICE.

M. SAINT-FIRMIN

Oui, ridée est heureuse.

MADAME DOLBAN.

Mon fils est si plaisant !

FLORIMEL.

11 faut que vous soyiez D'une tendresse !..

Ah, ah ! vous me le conseillez, Monsieur?

FLORIMEL.

Je fais bien plus, vraiment, je vous en prie.

Eh ! mais, tout en suivant cette plaisanterie. Si j'allais donc aimer, tout de bon ?

M. SAINT-FIRMIN (vivement).

Oui ? tant mieux.

FLORIMEL (d'un air suffisant).

Ma réponse à cela, je la lis dans vos yeux.

KUSÉBIE.

Bon ! alors...

MADEMOISELLE DOLBAN.

Te voilà bien confiant, mon frère !

FLORIMEL.

Un peu. Je vais pourtant paraître le contraire. Oui, mon rôle est celui d'un frère allier, joloux, Ombrageux, ou plutôt, je les embrasse tous ; Car tenez, il me vient déjà mille saillies ; Puis je vais, à mesure, inventer des folies...

M. SAINT-FlRMIN.

Oh ! je m'en fie à toi. Moi, je parlerai peu, Comme disait ma sœur : j'observerai le jeu ; De tout le monde, ici, je jugerai l'adresse ; Mais c'est le dénoûment, surtout, qui m'intéresse.

Oui; c'est l'ami Gélon qui va nous seconder!

MADEMOISELLE DOLBAN.

Certes 1 ... Il ne vient point.

FLORIMEL.

Il ne saurait tarder.

M. SAINT-FIRMlN.

C'est là le grand railleur.

MADAME DOLBAN.

Ah ! oui, par excellence.

ACTR I, SCÈNE III. 'i^O

EUSÉBIE

il VOUS persiffle, môme en gardant le silence.

FLORIMEL.

Ce Gélon, par malheur, raille indistinctement Amis comme ennemis.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Oui, mais si joliment !

Il est charmant.

M. SAINT-FIRMIN

Sans doute : il te trouve charmante!

MADAME DOLBAN.

Moi, tenez, franchement, plutôt qu'il me tourmente, J'aime encore mieux l'aider à tourmenter autrui.

M. SATNT-FIRMIN.

Voilà le mot. Eh! mais...

MADEMOISELLE DOLBAN.

Oui, justement c'est lui.

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