‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 81 sur 449 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

M'informer...

M. DE PLINVILLE.

Si Bellort est honnête ?

Me préserve le ciel d'une pareille enquête ! Loin de moi les soupçons et les certificats ; Cela répugne trop à des cœurs délicats. Le charme de la vie est dans la confiance : J'en ai fait mille fois la douce expérience ; Chaque jour je l'éprouve au sujet de Belfort. Va, les honnêtes gens se connaissent d'abord. Un certain... ou plutôt, veux-tu que je te dise? Je crois fort, et toujours ce fut là ma devise, Que les hommes sont tous, oui tous, honnêtes, bons. On dit qu'il est beaucoup de méchants, de fripons ; Je n'en crois rien : je veux qu'il s'en trouve peut-être Un ou deux ; mais ils sont aisés à reconnaître. Et puis, j'aime bien mieux, je le dis sans détours, Être une fois trompé, que de craindre toujours.

MADAME DE ROSELLE

Eh ! qui de vous tromper pourrait être capable? Vous êtes pour cela trop bon et trop aimable. Je me sens attendrie ; il semble auprès de vous Que je respire un air et plus calme et plus doux. Mais quelqu'un vient, je crois.

M. DE PLINVILLE regarde.

C'est ma chère Angélique.

MADAME DE ROSELLE

Voyez, n'est-elle pas sombre, mélancolique ?

M. DE PLINVILLE.

Non, ma fille toujours a l'esprit occupé : Elle pense à l'anglais, ou je suis bien trompé.

Elle marche à pas lents.

M. DE PLINVILLE.

Oui, sa démarche est sage.

Quelle aimable candeur brille sur son visage !

MADAME DE ROSELLE

Elle ne nous voit pas.

M. DE PLINVILLE.

Oh! ce bois est charmant!

Nous allons, nous venons, sans nous voir seulement.

82 L*0PTIM1STE.

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