‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 95 sur 449 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ANGÉLIQUE, M. DE PLINVILLE.

M. DE PLINVILLE.

Son humeur vraiment me divertit.

Dans un ménage il faut de petites querelles. Tu m'en diras bientôt toi-même des nouvelles.

ANGÉLIQUE

Je vais donc vous quitter?

M. DE PLINVILLE.

J'en ai bien du regret ; Mais enfin...

ANGÉLIQUE

Jour et nuit j'en gémis en secret.

M. DE PLINVILLE.

Je le crois aisément ; je connais ta tendresse.

ANGÉLIQUE, serrant affectueusement la main de son père.

Mon père!...

M. DE PLINVILLE.

Aimable enfant! Comme elle me caresse!

9 6 l'optimiste.

Délicieux transport ! ah! viens, viens dans mes bras.

ANGÉLIQUE

M'airaez-vous ?

M. DE PLINVILLE.

Si je t'aime? eh ! tu n'en doutes pas. Je donnerais pour toi mon bien, mon sang, ma vie.

ANGELIQUE

Eh bien...

Parle, dis-moi ce qui te fait envie.

ANGÉLIQUE

Mon père, auprès de vous que je vive toujours.

M. DE PLINVILLE.

Oui, j'aurais avec toi voulu finir mes jours. Tu sèmerais de fleurs la fin de ma carrière : Je sourirais encore à mon heure dernière. Mais ton futur époux demeure à trente pas, Et nous serons voisins.

ANGÉLIQUE

Vous ne m'entendez pas.

M. DE PLINVILLE.

Si fait, je t'entends bien. Crois que ton père est tendre, Qu'il est fait pour t'aimer, et digne de t'entendra. Tu soupires?

ANGÉLIQUE

Hélas! si vous saviez... combien Morinval...

M. DE PLINVILLE.

Est aimé? va, va, je le sais bien.

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