ACTE m, SCÈNE YI
M. DE MORINVAL.
Ce n'est pas mon défaut cependant... Vous riez?
M. DE PLINVILLE.
On vous aime, cent fois plus que vous ne croyez; Et Ton vient de me faire un aveu...
ANGÉLIQUE
Quoi, mon père?...
M. DE PLINVILLE.
Non, tu voudrais en vain me prier de me taire. Après tout, Mofinval est ton futur époux. Belfort est notre ami : nous le chérissons tous. Sans doute il est charmé que Morinval te plaise. N*est-il pas vrai, monsieur?
M. BELFORT, d'un air contraint.
Qui? moi? j'en suis fort aise.
M. DE PLINVILLE.
Sachez donc...
C'en est trop. Je ne puis...
M. DE PLINVILLE.
Il suffit ; Je me tais; mais je crois en avoir assez dit.
M. DE MORINVAL.
Mon honheur est trop grand pour qu'ici je le croie. Je n'ose me livrer à l'excès de ma joie.
M. DE PLINVILLE.
Allons, doutez encor! mais quel homme! En ce cas,
Vous mériteriez bien qu'on ne vous aimât pas.
Et vous, mon cher Belfort, comment va la nlessure?
M. BELFORT, a-vec un chîgrin concentré.
.\h! je n'y songeais pas, monsieur, je vous assure.
M. DE PLINVILLE.
Je n'oublierai jamais ce généreux secours.
M. BELFORT
Monsieur, sans nul regret j'aurais donné mes jours. Puis... ces blessures-là ne sont pas dangereuses.
M. DE PLINVILLE.
C'est dommage, mon cher, qu'elles soient douloureuses.
M. BELFORT
Celle-ci doit du moins avant peu se guérir :
Trop -Il cure ux qui n'a pas d'anliTs maux à souffrir-'
(il sort. »