‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 170 sur 409 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

PAULINE

Que de soucis flottants, que de confus nuages Présentent à mes yeux d'inconstantes images! Douce tranquillité, que je n'ose espérer, Que ton divin rayon tarde à les éclairer! Mille agitations, que mes troubles produisent, Dans mon cœur ébranlé tour à tour se détruisent; Aucun espoir n'y coule où j'ose persister; Aucun effroi n'y règne où j'ose m'arrêter. Mon esprit, embrassant tout ce qu'il s'imagine, Voit tantôt mon bonheur et tantôt ma ruine, Et suit leur vaine idée avec si peu d'effet. Qu'il ne peut espérer ni craindre tout à fait. Sévère incessamment brouille ma fantaisie : J'espère en sa vertu, je crains sa jalousie; Et je n'ose penser que d'un œil bien égal Polyeucte en ces lieux puisse voir son rival. Comme entre deux rivaux la haine est naturelle, L'entrevue aisément se termine en querelle ;

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