‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 212 sur 409 · PT0L051ÉE · texte numérisé non relu

PT0L051ÉE

Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse.

CLÉOPATRE

César viendra bientôt, et j'en ai lettre expresse; Et peut-être aujourd'hui vos yeux seront témoins De ce que votre esprit s'imagine le moins. Ce n'est pas sans sujet que je parlais en reine. Je n'ai reçu de vous que mépris et que haine; Et, de ma part du sceptre indigne ravisseur, Vous m'avez plus traitée en esclave qu'en sœur; Même, pour éviter des effets plus sinistres, Il m'a fallu flatter vos insolents ministres. Dont j'ai craint jusqu'ici le fer ou le poison. Mais Pompée ou César m'en va faire raison. Et, quoi qu'avec Photin Achillas en ordonne. Ou l'une ou l'autre main me rendra ma couronne. Cependant mon orgueil vous laisse à démêler Quel était l'intérêt qui me faisait parler.

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