ACTE III, SCÈNE IV
Ayant dompté leur haine, à vivre et m'embrasser.
Oh ! combien d'allégresse une si triste guerre Aurait-elle laissé dessus toute la terre, Si Rome avait pu voir marcher en même char. Vainqueurs de leur discorde, et' Pompée et César! Voilà ces grands malheurs que craignait votre zèle. 0 crainte ridicule autant que criminelle ! Vous craigniez ma clémence ! ah ! n'ayez plus ce soin ; Souhaitez-la plutôt, vous en avez besoin. Si je n'avais égard qu'aux lois de la justice. Je m'apaiserais Rome avec votre supplice. Sans que ni vos respects, ni votre repentir, INi votre dignité, vous pussent garantir; Votre trône lui-même en serait le théâtre : Mais, voulant épargner le sang de Cléopâtre, J'impute à vos flatteurs toute la trahison Et je veux voir comment vous m'en ferez raison; Suivant les sentiments dont vous serez capable Je saurai vous tenir innocent ou coupable. Cependant à Pompée élevez des autels, Rendez-lui les honneurs qu'on rend aux immortels; Par un prompt sacrifice expiez tous vos crimes; Et surtout pensez bien au choix de vos victimes. Allez-y donner ordre et me laissez ici Entretenir les miens sur quelque autre souci.