‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 23 sur 409 · D. FERNAND, D. DIÈGUE, CHIMÈNE, D. SANGIIE, D. ARIAS, D. ALONSE · texte numérisé non relu

D. FERNAND, D. DIÈGUE, CHIMÈNE, D. SANGIIE, D. ARIAS, D. ALONSE

CHIMÈNE

Sire, sire, justice.

D. DIÈGDE.

Ah ! sire, écoutez-nous.

CHIMÈNE

Je me jette à vos pieds.

D. DIÈGUE

J'embrasse vos genoux -

Je demande justice.

D. DIÈGUE

Entendez ma défense.

CHIMÈNE

D'un jeune audacieux punissez Tinsolence : Il a de votre sceptre abattu le soutien, Il a tué mon père.

D. DIÊGUE.

11 a vengé le sien.

CHIMÈNE

Au sang de ses sujets un roi doit la justice.

D. DIÈGDE.

Pour la juste vengeance il n'est point de supplice.

D. FERNAND

Levez-vous l'un et l'autre et parlez à loisir. Chimène, je prends part à votre déplaisir; D'une égale douleur je sens mon âme atteinte.

(AD. Diègue.)

Vous parlerez après; ne troublez pas sa plainte.

CHIMÈNE

Sire, mon père est mort; mes yeux ont vu son sang Couler à gros bouillons de son généreux flanc ; Ce sang qui tant de fois garantit vos murailles, Ce sang qui tant de fois vous gagna des batailles, ■ Ce sang qui tout sorti fume encor de courroux De se voir répandu pour d'autres que pour vous. Qu'au milieu des hasards n'osait verser la guerre, Rodrigue en votre cour vient d'en couvrir la terre. J'ai couru sur le lieu, sans force et sans couleur ; Je l'ai trouvé sans vie. Excusez ma douleur. Sire, la voix me manque à ce récit funeste; Mes pleurs et mes soupirs vous diront mieux le reste.

D. FERNAND

Prends courage, ma fille, et sache qu'aujourd'hui Ton roi te veut servir de père au lieu de lui.

CHIMÈNE

Sire, de trop d'honneur ma misère est suivie. Je vous l'ai déjà dit, je l'ai trouvé sans vie; Son flanc était ouvert; et, pour mieux m'émouvoir, Son sang sur la poussière écrivait mon devoir ;

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