‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 22 sur 409 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

D fernând, d alonse, d. sanche, d. arias.

D. ALONSE

Sire, le comte est mort.

Don Diègue, par son fils, a vengé son offense.

Dès que j'ai su l'affront, j'ai prévu la vengeance; Et j'ai voulu dès lors prévenir ce malheur.

D. ALONSE

Chimène à vos genoux apporte sa douleur; Elle vient toute en pleurs vous demander justice.

D. FERNAND

Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse, Ce que le comte a fait semble avoir mérité Ce digne châtiment de sa témérité.

Quelque juste pourtant que puisse être sa peine, Je ne puis sans regret perdre un tel capitaine. Après un long service à mon État rendu, Après son sang pour moi mille fois répandu, A quelques sentiments que son orgueil m'oblige, Sa perte m'affaiblit, et son trépas m'afflige.

Page 1