‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 312 sur 409 · ACTE I, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL

Ayant su nous réduire à ces seules murailles, En forma tôt le siège, et, pour comble d'effroi, Un faux bruit s'y coula touchant la mort du roi. Le peuple épouvanté, qui déjà dans son âme Ne suivait qu'à regret les ordres d'une femme, Voulut forcer la reine à choisir un époux. Que pouvait-elle faire et seule et contre tous? Croyant son mari mort, elle épousa son frère. L'effet montra soudain ce conseil salutaire. Le prince Antiochus, devenu nouveau roi, Sembla de tous côtés traîner l'heur avec soi : La victoire attachée au progrès de ses armes Sur nos fiers ennemis rejeta nos alarmes; Et la mort de Tryphon, dans un dernier combat, Changeant tout notre sort, lui rendit tout l'État. Quelque promesse alors qu'il eût faite à la mère De remettre ses fils au trône de leur père, Il témoigna si peu de la vouloir tenir, Qu'elle n'osa jamais les faire revenir.

Ayant régné sept ans, son ardeur militaire Ralluma cette guerre où succomba son frère : Il attaqua le Parthe et se crut assez fort Pour en venger sur lui la prison et la mort. Jusque dans ses États il lui porta la guerre; Il s'y fit partout craindre à l'égal du tonnerre; Il lui donna bataille, où mille beaux exploits... Je vous achèverai le reste une autre fois, Un des princes survient.

(Elle se veut relirer.)

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