ACTE II, SCENE IL
Mais telle que je suis, et telle que vous êtes. Le Parthe est "éloigné, nous pouvons tout oser : Nous n'avons rien à craindre, et rien à déguiser; Je hais, je règne encor. Laissons d'illustres marques En quittant, s'il le faut, ce haut rang des monarques : Faisons-en avec gloire un départ éclatant, Et rendons- le funeste à celle qui l'attend. C'est encor, c'est encor cette même ennemie Qui cherchait ses honneurs dedans mon infamie, Dont la haine à son tour croit me faire la loi, Et régner par mon ordre et sur vous et sur moi. Tu m'estimes bien lâche, imprudente rivale. Si tu crois que mon cœur jusque-là se ravale, Qu'il souffre qu'un hymen qu'on t'a promis en vain Te mette ta vengeance et mon sceptre à la main. Vois jusqu'où m'emporta l'amour du diadème, Vois quel sang il me coûte, et tremble pour toi-même : Tremble, te dis-je; et songe, en dépit du traité, Que, pour t'en faire un don, je l'ai trop acheté.