‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 324 sur 409 · CLÊOPATRE, ANTIOCHUS, SÉLEUCUS, LAONICE · texte numérisé non relu

CLÊOPATRE, ANTIOCHUS, SÉLEUCUS, LAONICE

CLÉOPATRE

Mes enfants, prenez place. Enfin voici le jour

Si doux à mes souhaits, si cher à mon amour,-

Où je puis voir briller sur une de vos têtes

Ce que j'ai conservé parmi tant de tempêtes.

Et vous remettre un bien, après tant de malheurs,

Qui m'a coûté pour vous tant de soins et de pleurs.

11 peut vous souvenir quelles furent mes larmes

Quand Tryphon me donna de si rudes alarmes.

Que, pour ne vous pas voir exposés à ses coups,

Il fallut me résoudre à me priver de vous.

Quel les peines depuis, grands dieux ! n'ai-je souffertes !

Chaque jour redoubla mes douleurs et mes pertes.

Je vis votre royaume entre ces murs réduit;

Je crus mort votre père; et, sur un si faux bruit,

Le peuple mutiné voulut avoir un maître.

J'eus beau le nommer lâche, ingrat, parjure, traître,

Il fallut satisfaire à son brutal désir.

Et, de peur qu'il n'en prît, il m'en fallut choisir.

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