‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 34 sur 409 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

CHIMÈNE, ELYIRE.

CHIMÈNE

N'est-ce point un faux bruit? le sais-tu bien, Elvire?

ELVIRE

Vous ne croiriez jamais comme chacun Fadmire,

Et porte jusqu'au ciel, d'une commune voix,

De ce jeune héros les glorieux exploits.

Les Maures devant lui n'ont paru qu'à leur honte;

Leur abord fut bien prompt, leur fuite encor plus prompte:

Trois heures de combat laissent à nos guerriers

Une victoire entière et deux rois prisonniers.

La valeur de leur chef ne trouvait point d'obstacles.

CHIJIÈNE.

Et la main de Rodrigue a fait tous ces miracles!

ELVIRE

De ses nobles efforts ces deux rois sont le prix; Sa main les a vaincus, et sa main les a pris.

De qui peux-tu savoir ces nouvelles étranges?

ELVIRE

Du peuple, qui partout fait sonner ses louanges. Le nomme de sa joie et l'objet et l'auteur, Son ange tutélaire et son libérateur.

CHIMÈNE

Et le roi, de quel œil voit-il tant dé vaillance?

ELVIRE

Rodrigue n'ose encor paraître en sa présence; Mais don Diègue ravi lui présente enchaînés.

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