‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 350 sur 409 · ACTIO V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTIO V, SCENE I

Et contre mes fureurs je trouve en mes deux fils Deux enfants révollés et deux rivaux unis. Quoi! sans émotion perdre trône et maîtresse! Quel est ici ton charme, odieuse princesse? Et par quel privilège, allumant de tels feux, Peux-tu n'en prendre qu'un et m'ôter tous les deux? N'espère pas pourtant triompher de ma haine : Pour régner sur deux cœurs, tu n'es pas encor reine. Je sais bien qu'en Fétat où tous deux je les vol 11 me les faut percer pour aller jusqu'à toi; Mais n'importe : mes mains sur le père enhardies Pour un bras refusé sauront prendre deux vies; Leurs jours également sont pour moi dangereux : J'ai commencé par lui, j'achèverai par eux.

Sors de mon cœur, nature, ou fais qu'ils m'obéissent ; Fais-les servir ma haine, ou consens qu'ils périssent. Mais déjà l'un a vu que je les veux punir : Souvent qui tarde trop se laisse prévenir. Allons chercher le temps d'immoler nos victimes Et de me rendre heureuse à force de grands crimes.

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