‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 358 sur 409 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Puisse naître de vous un fils qui me ressemble!

ANTIOCHUS

Ah ! vivez pour changer cette haine en amour.

CLÉOPATRE

Je maudirais les dieux s'ils me rendaient le jour. Qu'on m'emporte d'ici : je me meurs. Laonice, Si tu veux m'obliger par un dernier service, Après les vains efforts de mes inimitiés, Sauve-moi de l'affront de tomber à leurs pieds.

(Elle s'en va, et Laonice lui aide à marcher.) ORONTE.

Dans les justes rigueurs d'un sort si déplorable, Seigneur, le juste ciel vous est bien favorable : Il vous a préservé, sur le point de périr, Du danger le plus grand que vous puissiez courir; Et, par un digne effet de ses faveurs puissantes, La coupable est punie et vos mains innocentes.

ANTIOCHUS

Oronte, je ne sais, dans son funeste sort.

Qui m'afflige le plus, ou sa vie ou sa mort;

L'une et l'autre a pour moi des malheurs sans exemple;

Plaignez mon infortune. Et vous, allez au temple

Y changer l'allégresse en un deuil sans pareil,

La pompe nuptiale en funèbre appareil ;

Et nous verrons après, par d'autres sacrifices,

Si les dieux voudront être à nos vœux plus propices.

Page 1