‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 364 sur 409 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

N'êtes-voiis pas toujours le maître de ses places? Les siens, dont vous craignez le vif ressentiment, Ont-ils dans votre armée aucun commandement? Des plus nobles d'entre eux, et des plus grands courages, N'avez-vous pas les fils dans Osca pour otages ! TousleurschefssontRomains;el leurs propres soldats, Dispersés dans nos rangs, ont fait tant de combats, Que la vieille amitié qui les attache aux nôtres Leur fait aimer nos lois et n'en vouloir point d'autres. Pourquoi donc tant les craindre, et pourquoi refuser. .,

SERTORIUS

Vous-même, Perpenna, pourquoi tant déguiser? Je vois ce qu'on m'a dit : vous aimez Viriate; Et votre amour caché dans vos raisons éclate. Riais les raisonnements sont ici superflus : Dites que vous l'aimez, et je ne Faime plus. Parlez : je vous dois tant, que ma reconnaissance Ne peut être sans honte un moment en balance.

PERPEiNNA.

L'aveu que vous voulez à mon cœur est si doux, Que j'ose...

SERTORIUS

C'est assez : je plirlerai pour vous.

PERPENNA

Ah! seigneur, c'en est trop; et...

SERTORIUS

Point de repartie ; Tous mes vœux sont déjà du côté d'Aristie; Et je l'épouserai, pourvu qu'en même jour La reine se résolve à payer votre amour : Car, quoi que vous disiez, je dois craindre sa haine, Et fuirais à ce prix cette illustre Romaine. La voici : laissez-moi ménager son esprit; Et voyez cependant de quel air on m'écrit.

446 SERTORTUS.

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