‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 386 sur 409 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SERTORIUS, THAMIRË.

Pourrai-je voir la reine?

THAMTRE.

Attendant qu'elle vienne, Elle m'a commandé que je vous entretienne,

476 SERTOUIUS.

* Et veut demeurer seule encor quelques moments.

SERTORIUS

Ne m'apprendrez-vous point où vont ses sentiments, Ce que doit Perpenna concevoir d'espérance?

THAJIIRE.

Elle ne m'en fait pas beaucoup de confidence; Mais j'ose présumer qu'offert de votre main Il aura peu de peine à fléchir son dédain. Vous pouvez tout sur elle.

SERTORIUS

Ah ! j'y puis peu de chose, Si jusqu'à l'accepter mon malheur la dispose; Ou, pour en parler mieux, j'y puis trop ou trop peu.

THAMIRE

Elle croit fort vous plaire en secondant son feu.

SERTORIUS

Me plaire?

THAMIRE

Oui; mais, seigneur, d'où vient cette surprise? Et de quoi s'inquiète un cœur qui la méprise'.'

SERTORIUS

N'appelez point mépris un violent respect

Que sur mes plus doux vœux fait régner son aspect.

THAMIRE

Il est peu de respects qui ressemblent au vôtre, S'il ne sait que trouver des raisons pour un autre; Et je préférerais un peu d'emportement Aux plus humbles devoirs d'un tel accablement.

SERTORIUS

Il n'en est rien parti capable de me nuire. Qu'un soupir échappé ne dût soudain détruire : Mais la reine, sensible à de nouveaux désirs, Entendait mes raisons, et non pas mes soupirs.

THAMIRE

Seigneur, quand un Romain, quand unhéros soupire. Nous n'entendons pas bien ce qu'un soupir veut dire ; Et je vous servirais de meilleur truchement Si vous vous expliquiez un peu plus clairement. Je sais qu'en ce climat, que vous nommez barbare,

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