ACTE IV, SCENE II
L'amour par un soupir quelquefois se déclare :
Mais la gloire, qui fait toutes vos passions,
Vous met trop au-dessus de ces impressions;
De tels désirs, trop bas pour les grands cœurs de Rome.
SERTORIUS
Ah ! pour être Romain, je n'en suis pas moins homme. J'aime, et peut-être plus qu'on n'a jamais aimé; Malgré mon âge et moi, mon cœur s'est enflammé. J'ai cru pouvoir me vaincre, et toute mon adresse Dans mes plus grands efforts m'a fait voir ma faiblesse. Ceux de la politique et ceux de l'amitié M'ont mis en un état à me faire pitié. Le souvenir m'en tue, et ma vie incertaine Dépend d'un peu d'espoir que j'attends de la reine. Si toutefois...
THAMIRE
Seigneur, elle a de la bonté; Mais je vois son esprit fortement irrité; Et, si vous m'ordonnez de vous parler sans feindre, Vous pouvez espérer, mais vous avez à craindre. K'y perdez point de temps et ne négligez rien; C'est peut-être un dessein mal ferme que le sien. La voici. Profitez des avis qu'on vous donne, Et gardez bien surtout qu'elle ne m'en soupçonne.