‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 392 sur 409 · SERTORIUS, PERPENNA, AUFIDE · texte numérisé non relu

SERTORIUS, PERPENNA, AUFIDE

PERPENNA, à Aufule.

Dieux! qui peut faire ainsi disparaître la reine?

AUFIDE, à Perpenna.

Lui-même a quelque chose en l'âme qui le gêne, Seigneur; et notre abord le rend tout interdit.

SERTORIUS

De Pompée en ces lieux savez-vous ce qu'on dit? L'avez-vous mis fort loin au delà de la porte?

PERPENNA

Comme assez près des murs il avait son escorte,

Je me suis dispensé de le meltre plus loin.

Mais de votre secours, seigneur, j'ai grand besoin.

484 SERTORIUS

Tout son visage montre une fierté si liante...

SEKTORIUS.

Nous n'avons rien conclu, mais ce n'est pas ma faute; Et vous savez,..

PERPEMA.

Je sais qu'en de pareils débats...

SERTORIUS

Je n'ai point cru devoir mettre les armes bas; Il n'est pas encor temps.

PERPENNA

Continuez^ de grâce ; 11 n'est pas encor temps que l'amitié se lasse.

SERTORIUS

Votre intérêt m'arrête autant comme le mien : Si je m'en trouvais mal, vous ne seriez pas bien.

PERPEiNNA.

De vrai, sans votre appui, je serais fort à plaindre; Mais je ne vois pour vous aucun sujet de craindre.

SERTORIUS

Je serais le premier dont on serait jaloux;

Mais ensuite le sort pourrait tomber sur vous.

Le tyran après moi vous craint plus qu'aucun autre.

Et ma tête abattue ébranlerait la vôtre.

Nous ferons bien tous d'eux d'attendre plus d'un an.

PERPEiN'NA.

Que parlez-vous, seigneur, de tête et de tyran?

SERTORIUS

Je parle de Sylla, vous le devez connaître.

PERPENNA

Et je parlais des feux que la reine a fait naître.

SERTORIUS

Nos esprits étaient donc également distraits ; Tout le mien s'attachait aux périls de la paix; Et je vous demandais quel bruit fait par la ville De Pompée et de moi l'entretien inutile. Vous le saurez, Aufide?

AUFIDE

A ne rien déguiser, Seigneur, ceux de sa suite en ont su mal user;

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