‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 397 sur 409 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Je sais qu'il serait bon de taire et différer

Ce glorieux hymen qu'il me fait espérer :

Maislapaix qu'aujourd'hui l'on offre à ce grand homme

Ouvre trop les chemins et les portes de Rome.

Je vois que, s'il y rentre, il est perdu pour moi,

Et je l'en veux bannir par le don de ma foi.

Si je hasarde trop de m'être déclarée,

J'aime mieux ce péril que ma perte assurée;

Et, si tous vos proscrits osent s'en désunir,

Nos bons destins sans eux pourront nous soutenir.

Mes peuples aguerris sous votre discipline

N'auront jamais au cœur de Rome qui domine ;

Et ce sont des Romains dont l'unique souci

Est de combattre, vaincre, et triompher ici.

Tant qu'ils verront marcher ce héros à leur tête,

Ils iront sans frayeur de conquête en conquête.

Un exemple si grand dignement soutenu

Saura... Mais que nous veut ce Romain inconnu?

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