‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 398 sur 409 · ARISTIE, VIRIATE, ARCAS · texte numérisé non relu

ARISTIE, VIRIATE, ARCAS

ARISTIE

Madame, c'est Arcas, l'affranchi de mon frère; Sa venue en ces lieux cache quelque mystère. Parle, Arcas, et dis-nous...

ARCAS

Ces lettres mieux que moi Vous diront un succès qu'à peine encor je croi.

ARISTIE lit.

« Chère sœur, pour ta joie il est temps quetu saches « Que nos maux et les tiens vont finir en effet. « Sylla marche en public sans faisceaux et sans haches, « Prêt à rendre raison de tout ce qu'il a fait.

« Il s'est, en plein sénat, démis de sa puissance; « Et, si vers toi Pompée a le moindre penchant, « Le ciel vient de briser sa nouvelle alliance,

492 SERTORIUS

« Et la triste iEmilie est morte en accouchant.

« Sylla même consent, pour calmer tant de haines, « Qu'un feu qui fut si beau rentre en sa dignité, « Et que Fhymen te rende à tes premières chaînes, « En même temps qu'à Rome il rend sa liberté.

« QuiNTus Aristius. »

Le ciel s'est donc lassé de m'être impitoyable! Ce bonheur, comme à toi, me paraît incroyable. Cours au camp de Pompée et dis-lui, cher Arcas ..

ARCAS

Il a cette nouvelle et revient sur ses pas. De la part de Sylla chargé de lui remettre Sur ce grand changement une pareille lettre, A deux milles d'ici j'ai su le rencontrer.

ARISTIE

Quel amour, quelle joie a-l-il daigné montrer? Que dit-il? que fait-il?

ARCAS

Par votre expérience Vous pouvez bien juger de son impatience; Mais, rappelé vers vous par un transport d'amour Qui ne lui permet pas d'achever son retour, L'ordre que pour son camp ce grand effet demande L'arrête à le donner, attendant qu'il s'y rende. Il me suivra de près et m'a fait avancer Pour vous dire un miracle où vous n'osiez penser.

AHISTIE.

Vous avez lieu d'en prendre une allégresse égale, Madame; vous voilà sans crainte et sans rivale.

VIRIATE

Je n'en ai plus en vous, et je n'en puis douter; Mais il m'en reste une autre, et plus à redouter, Rome, que ce héros aime plus que lui-même, Et qu'il préférerait sans doute au diadème, Si contre cet amour...

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