‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 44 sur 409 · ACTE IV, SCKNl!: V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCKNl!: V

D. niÈGUE.

N'excusez point par là ceux, que son bras étonne ; Laissez un champ ouvert où n'entrera personne Après ce que Rodrigue a fait voir aujourd'hui, Quel courage assez vain s'oserait prendre à lui? Qui se hasarderait contre un tel adversaire? Qui serait ce vaillant, ou bien ce téméraire?

D. SANCHE

Faites ouvrir le champ : vous voyez l'assaillant; Je suis ce téméraire, ou plutôt ce vaillant. Accordez celte grâce à l'ardeur qui me presse. Madame, vous savez quelle est votre promesse.

D. FERNAISD.

Chimène, remets-tu ta querelle en sa main?

CHIMÈNE

Sire, je l'ai promis.

D. FERNAND

Soyez prêt à demain.

D. DIÈGUE

Non, sire, il ne faut pas différer davantage :

On est toujours trop prêt quand on a du courage.

Sortir d'une bataille, et combattre à l'instant!

D. DIÈGUE

Rodrigue a pris haleine en vous la racontant.

D. FERNAND

Du moins une heure ou deux je veux qu'il se délasse. Mais, de peur qu'en exemple un tel combat ne passe. Pour témoigner à tous qu'à regret je permets Un sanglant procédé qui ne me plut jamais, De moi ni de ma cour il n'aura la présence.

(AD. Arias.)

Vous seul des combattants jugerez la vaillance. Ayez soin que tous deux fassent en gens de cœur, Et, le combat fini, m'amenez le vainqueur. Qui qu'il soit, même prix est acquis à sa peine; Je le veux de ma main présenter à Chimène, Et que pour récompense il reçoive sa foi.

CHIMÈiNE.

Quoi! sire, m'imposer une si dure loi!

D. FERNAND

Tu Ven plains; mais ton feu, loin d'avouer ta plainte, Si Rodrigue est vainqueur, l'accepte sans contrainte. Cesse de murmurer contre un arrêt si doux ; Qui que ce soit des deux, j'en ferai ton époux.

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