‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 47 sur 409 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

L'INFANTE, LÊONOR.

l'infante.

Où viens-tu, Léonor?

LÉONOR

Vous applaudir, madame, Sur le repos qu'enfin a retrouvé votre âme.

l'infante.

D'où viendrait ce repos dans un comble d'ennui?.

LÉONOR

Si l'amour vit d'espoir, et s'il meurt avec lui, Rodrigue ne peut plus charmer votre courage. Vous savez le combat où Chimène l'engage; Puisqu'il faut qu'il y meure, ou qu'il soit son mari, A'otre espérance est morte, et votre esprit guéri.

l'infante.

Ah! qu'il s'en faut ençor!

LÉONOK.

Que pouvez-vous prétendre?

l'infante.

Mais plutôt quel espoir me pourrais-tu défendre? Si Rodrigue combat sous ces conditions.

Pour en rompre l'effet j'ai trop d'inventions. L'amour, ce doux auteur de mes cruels supplices, Aux esprits des amants apprend trop d'artifices.

Page 1