‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 58 sur 409 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Près d'un jour si funeste on change peu d'objet.

Les âmes rarement sont de nouveau blessées ;

Et dans un si grand trouble on a d'autres pensées :

Mais on n'a pas aussi de si doux entretiens

Ni de contentements qui soient pareils aux siens.

JULIE

Les causes, comme à vous, m'en semblent fort obscures ; Je ne me satisfais d'aucunes conjectures. C'est assez de constance en un si grand danger Que de le voir, l'attendre, et ne point s'affliger; Mais certes c'en est trop d'aller jusqu'à la joie.

SABINE

Voyez qu'un bon génie à propos nous l'envoie. Essayez sur ce point à la faire parler, Elle vous aime assez pour ne vous rien celer. Je vous laisse. Ma sœur, entretenez Julie : J'ai honte de montrer tant de mélancolie, Et mon cœur, accablé de mille déplaisirs, Cherche la solitude à cacher ses soupirs.

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