HORACE, CURIACE
Ainsi Rome n'a point séparé son estime; Elle eût cru faire ailleurs un choix illégitime : Celle superbe ville en vos frères et vous Trouve les trois guerriers qu'elle préfère à tous ; Et son illustre ardeur d'oser plus que les autres D'une seule maison brave toutes les nôtres : Nous croirons à la voir tout entière en vos mains, Que hors les fils d'Horace il n'est point de Romains. Ce choix pouvait combler trois familles de gloire, Consacrer hautement leurs noms à la mémoire : Oui, rhonneur que reçoit la vôtre par ce choix En pouvait à bon titre immortaliser trois; Et, puisque c'est chez vous que mon heur et ma flamme M'ont fait placer ma sœur et choisir une femme, Ce que je vais vous être et ce que je vous suis Me font y prendre part autant que je le puis : Mais un autre intérêt tient ma joie en contrainte, Et parmi ses douceurs mêle beaucoup de crainte ; La guerre en tel éclat a mis votre valeur. Que je tremble pour Albe et prévois son malheur : Puisque vous combattez, sa perte est assurée ; En vous faisant nommer, le destin l'a jurée. Je vois trop dans ce choix ses funestes projets, Et me compte déjà pour un de vos sujets.
Loin detremblerpourAlbe, il vous fa utplaindre Rome, V^oyant ceux qu'elle oublie, et les trois qu'elle nomme. C'est un aveuglement pour elle bien fatal