‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 69 sur 409 · HORACE, CURIACE, CAMILLE · texte numérisé non relu

HORACE, CURIACE, CAMILLE

Avez-vous su l'état qu'on fait de Curiace, Ma sœur?

1 A ces mots : Je ne vous connais plus; — Je vous connais encore, on se récria d'admiration, dit Voltnire; on n'avait jamais rien vu de si sublime; il n'y a pas dans Longin un seul exejnple d'une pareille grandeur. Ce sont ces traits qui ont mérité à Corneille le nom de grand, non-seulement pour le distinguer de son frère, mais du reste des hommes.

CAMILLE

Hélas ! mon sort a bien changé de face.

Armez-vous de constance, et montrez-vous ma sœur ; Et, si par mon trépas il retourne vainqueur, Ne le recevez point en meurtrier d'un frère, Mais en homme d'honneur qui fait ce qu'il doit faire. Qui sert bien son pays, et sait montrer à tous, Par sa haute vertu, qu'il est digne de vous. Comme si je vivais, achevez Thyménée ; Mais, si ce fer aussi tranche sa destinée, Faites à ma victoire un pareil traitement. Ne me reprochez point la mort de votre amant. Vos larmes vont couler et votre cœur se presse. Consumez avec lui toute cette faiblesse ; Querellez ciel et terre, et maudissez le sort; Mais après le combat ne pensez plus au mort.

(a Curiace.)

Je ne vous laisserai qu'un moment avec elle, Puis nous irons ensemble où l'honneur nous appelle.

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