‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 89 sur 409 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE VIEIL HORACb], CAMILLE.

LE VIEIL HORACE

Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme; Qu'il me fuie à l'égal des frères de sa femme : Pour conserver un sang qu'il tient si précieux, 11 n'a rien fait encor s'il n'évite mes yeux.

Sabine y peut mettre ordre, ou derechef j'atteste Le souverain pouvoir de la troupe céleste....

CAMILLE

Ah! mon père, prenez un plus doux sentiment; Vous verrez Rome même en user autrement; Et, de quelque malheur que le ciel Tait comblée, Excuser la vertu sous le nombre accablée.

LE VIEIL HORACE

Le jugement de Rome est peu pour mon regard, Camille; je suis père, et j'ai mes droits à^part. Je sais trop comme agit la vertu véritable : C'est sans en triompher que le nombre l'accable ; Et sa mâle vigueur, toujours en même point, Succombe sous la force, et ne lui cède point. Taisez-vous, et sachons ce que nous veut Valère.

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